• By Jubilation Choir

Festival de jazz de Montréal

Le mardi 2 juillet 2002

FESTIVAL DE JAZZ DE MONTRÉAL

Philippe Renaud – collaboration spéciale, La Presse

Dans le petit monde du gospel, le Montreal Jubilation Gospel Choir s’est taillé une place de choix. Depuis sa modeste création il y a 20 ans, la chorale a su déployer son talent sur toute la planète, faisant paraître au passage huit albums – dont le plus récent, Jubilation VIII, érige des ponts entre la musique spirituelle afro-américaine et les chants africains.

Le fondateur de la chorale, Trevor W. Payne, formé en direction d’orchestre à l’Université McGill, répond à nos cinq questions.

Devons-nous vous appeler Révérend, M. Payne ?

Non, non ! Je ne sais pas trop d’où vient cette rumeur, en réalité. Peut-être que les gens faisaient des farces à ce propos, mais je me suis rendu compte que les médias francophones, en particulier, avaient accroché là-dessus. Je ne suis pas un prêtre, seulement un musicien. C’est drôle : à la blague, on a aussi surnommé Ray Charles «the high priest».

Donc, il n’est pas nécessaire d’être religieux pour interpréter du gospel ?

Bien sûr que non. Le gospel, évidemment, est une musique complètement spirituelle, c’est la base. Mais c’est également une forme importante d’art vocal américaine qui a durablement influencé la musique populaire.

Quelle différence faites-vous entre le gospel et ce qu’on appelle les negro-spirituals ?

La différence est de taille. Il y a deux types de musique religieuse afro-américaine : le gospel et les negro-spirituals. Les negro-spirituals sont des chants d’esclaves noirs interprétant, à leur façon, la musique de leurs maîtres blancs, en l’occurrence celle qu’ils entendaient à l’église (les chorales blanches). C’est donc une chorale d’esclaves qui s’efforçaient de sonner comme les chorales européennes. Le gospel a ses racines ailleurs; ces esclaves y injectaient davantage de leurs influences africaines et ne s’efforçaient pas de sonner comme les chorales européennes.

Pour le Montreal Jubilation Gospel Choir, vous avez préféré interpréter le répertoire gospel plutôt que celui des negro-spirituals…

Le negro-spiritual est enseigné dans les facultés de musique : les structures et les harmonies de ces pièces sont infiniment plus complexes que celles du gospel. Lorsque j’ai commencé à recruter des chanteurs, pas forcément des professionnels, je trouvais qu’il serait moins décourageant de s’attaquer à un répertoire qui s’apprendrait plus aisément.

En 20 ans d’existence, la chorale a acquis une enviable réputation internationale, vous avez tourné partout dans le monde, vous avez fait paraître nombre d’albums… Avez-vous encore des défis à relever ?

Pendant un certain temps, je ne voyais plus ce qu’on pourrait faire de plus, me demandant s’il ne vaudrait pas mieux tourner la page. Mais depuis quelques mois, j’ai de nouveaux projets. Récemment, je suis devenu manager de trois chanteuses de la chorale – trois sopranos aux voix superbes. En plus d’être leur coach vocal, je vais produire leur prochain album, qui sera également gospel, mais seulement à trois voix.

Le MONTREAL JUBILATION CHOIR
se produit au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts,
le 3 juillet à 18h.

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